Chez Meta, le grand virage vers l’intelligence artificielle (IA) vient de perdre l’une de ses figures clés. Recrutée en avril pour piloter la transformation des outils internes, Emily Dalton Smith quitte déjà l’entreprise… À peine deux mois après sa nomination.
Il s’agit d’une année quelque peu mouvementée chez Meta. L’entreprise a supprimé 8 000 postes en mai, soit 10 % de ses effectifs, et l’ambiance en interne serait clairement délétère en conséquence. Dans ce contexte, Emily Dalton Smith, qui a rejoint ses rangs en 2015 et occupait un poste important pour piloter Threads, a pris la tête d’une unité pour mener à bien le plan porté par le directeur technique, Andrew Bosworth, afin de réorganiser Meta autour des agents IA.
Sa mission : consolider tous les outils IA internes dans Metamate, l’assistant maison déjà utilisé par les salariés. Mais visiblement, tout ne s’est pas passé comme prévu.
Une transition sans réponses
Dans le mémo annonçant son départ, envoyé ce mercredi 17 juin, la dirigeante annonce son départ et explique qu’elle restera aux côtés d’Andrew Bosworth le temps d’organiser la passation. En revanche, les contours de cette décision sont étonnamment flous : on ne connaît, ni la raison de ce départ, ni son remplaçant.
Une situation qui risque d’empirer la situation en interne, où la réorganisation autour des agents IA a provoqué une importante vague de mécontentement. À tel point que plusieurs salariés ont critiqué ouvertement la direction lors de réunions, ainsi que sur les forums de discussion de l’entreprise. Au cœur de leurs plaintes, les licenciements massifs ainsi que le logiciel de suivi des mouvements de souris et du clavier instauré par Meta pour former ses IA.
Un symbole pour la stratégie IA de Meta
Ce départ interroge forcément sur la solidité des paris IA de Meta. L’entreprise a multiplié les initiatives ces derniers mois, allant même jusqu’à créer un avatar de Mark Zuckerberg pour échanger avec les salariés.
D’autant que le projet mené par Emily Dalton Smith reposait en partie sur la technologie de Manus AI, la start-up chinoise rachetée par la société pour 2 milliards de dollars… Avant que l’Empire du Milieu ne fasse capoter l’opération. Ses agents devaient justement enrichir Metamate, avec des tableaux de bord et mini-sites prêts à l’emploi.
Difficile d’y voir clair aujourd’hui. Si la société semble décidée à tout miser sur l’IA contre vents et marées, ses équipes paraissent quelque peu déconcertées face à sa stratégie. Mais peu importe, ses investissements dans la technologie se chiffrent déjà en plusieurs dizaines de milliards d’euros.
Sources : Reuters, The Next Web


