La crise politique au Venezuela a envahi les réseaux sociaux après l’annonce de la capture de Nicolás Maduro. Très vite, des vidéos montrant des arrestations, des foules dans les rues de Caracas ou des réactions populaires ont circulé massivement sur X, TikTok et Instagram. Problème : toutes ces images n’étaient pas réelles.
Selon plusieurs journalistes présents sur place, une partie des vidéos partagées étaient en réalité des deepfakes, c’est-à-dire des contenus générés par intelligence artificielle. Un mélange troublant d’images authentiques et de vidéos totalement fabriquées, qui a semé la confusion chez les internautes.
Quand l’IA brouille la lecture des événements
Au lendemain des annonces officielles, certaines vidéos semblaient montrer des scènes de célébration ou des rassemblements populaires. À première vue, elles paraissaient crédibles. Pourtant, des organisations de fact-checking comme NewsGuard et PolitiFact ont identifié plusieurs anomalies : drapeaux mal formés, mouvements irréalistes, éléments visuels incohérents avec la situation réelle.
Résultat : des millions de vues pour des contenus faux ou trompeurs, souvent partagés sans avertissement ni contexte. Même des utilisateurs avertis ont eu du mal à distinguer le vrai du faux.

Un avant-goût de la désinformation de demain
Pour des experts interrogés par le Reuters Institute et NBC News, ce qui s’est passé au Venezuela pourrait annoncer ce qui attend l’information mondiale dès 2026. Les deepfakes deviennent de plus en plus réalistes, rapides à produire et difficiles à détecter, y compris pour les professionnels des médias.
Cette situation fragilise la confiance du public envers l’information en ligne. Plus les images semblent crédibles, plus la manipulation est efficace. Les réseaux sociaux, incapables de filtrer tous ces contenus à grande échelle, risquent de devenir des relais involontaires de la désinformation.
Un défi majeur pour les médias et le public
Face à cette nouvelle réalité, les rédactions doivent renforcer leurs outils de vérification, tandis que les internautes sont appelés à faire preuve de prudence : vérifier les sources, croiser les informations et se méfier des vidéos trop spectaculaires.
La crise vénézuélienne montre une chose : l’intelligence artificielle transforme profondément l’information, et sans vigilance collective, la frontière entre réalité et manipulation risque de disparaître.
Sources : WebProNews, Reuters Institute, NBC News


